Association de protection du patrimoine Rural et Environnemental

Réponse de l’APPRE aux commentaires des élus de Chateaurenard- Annulation du PPRI de Chateaurenard

ANNULATION du PPRi de CHATEAURENARD

COMMMUNIQUE de l’APPRE

à la suite de l’article paru dans LA PROVENCE le 5 juin 2019

Quelques jours après l’annulation du PPRi de CHATEAURENARD, le 29 mai 2019, par le Tribunal Administratif de MARSEILLE, à la lecture des interviews réalisées sur ce sujet auprès du député de la XVe circonscription et du maire de CHATEAURENARD, mais aussi de M. le Sous-Préfet d’ARLES, que CONSTATONS-NOUS ?

D’un côté, il y aurait des élus locaux, les GENTILS, qui agiraient pour le seul bien public, sans arrière-pensées, surtout pas par électoralisme ou sous la pression d’un lobby quel qu’il soit !

De l’autre, il y aurait les opposants, les MECHANTS, qui ne penseraient qu’à leurs petits intérêts mesquins, qui n’en auraient cure d’être les fossoyeurs d’un projet collectif qui devrait offrir des milliers d’emplois nouveaux dire (BIOCOOP a déplacé 250 emplois et n’en a créé que 10 !!!), la relance de l’agriculture, et que sais-je ! par un ruissellement fécond et redistributif !?

Cette façon binaire de structurer les relations entre les élus et les administrés, aujourd’hui, est dépassée et explique pour une large part le désamour qui s’est installé entre eux, et qui va perdurer.

Nos élus ne comprennent pas la décision du Tribunal Administratif, ce qui en soi est déjà faire injure aux magistrats, mais surtout parce qu’ils se considèrent comme étant les seuls détenteurs de la vérité, comme étant invulnérables et touchés par la grâce dans toutes leurs décisions, avec sur ce sujet, il faut bien le dire, la bénédiction de l’Etat, ou plutôt du Préfet.

Ils ne comprennent pas, ou plutôt ils s’en moquent, que la création d’emplois, à démontrer concernant ce projet, soit contrainte par d’autres obligations légales incontournables comme la conservation des terres agricoles, la préservation des zones d’écoulement des crues et la sacralisation des zones inondables, la protection des captages… .

ET BIEN NON ! Il existe encore une Justice dans ce pays qui fonde ses jugements sur le droit et non sur l’opportunisme, sur des faits concrets et les lois qui nous régissent, et non sur des promesses ou des arrangements locaux, qui au demeurant n’engagent que ceux qui les écoutent, et qui est insensible devant le chantage à l’emploi.

Le Tribunal Administratif de MARSEILLE, dans ses attendus et son jugement, est allé plus loin que ce que nous avions espéré, car nous n’attendions de sa décision que l’annulation du zonage et des règles, mitonnés avec une précision et une entente parfaites entre le Préfet d’alors et nos élus locaux, pour permettre l’implantation du GRAND MARCHE de PROVENCE.

Le Tribunal Administratif de MARSEILLE a annulé l’arrêté préfectoral du 12 avril 2016 et le PPRi dans sa globalité, en enjoignant au Préfet de revoir sa copie, mais surtout en lui imposant la méthode pour parvenir en six mois à un vrai PPRi, dont la seule raison d’être est de protéger les riverains de la Durance.

Vous pouvez observer, dans les propos rapportés par LA PROVENCE, que la réaction vive et amère de nos élus n’est causée que par la perspective de voir le projet de redéploiement du MIN dans le secteur des Confignes-Les Iscles s’évaporer.

Pour nos chers élus, le fait que la commune de Châteaurenard se retrouve sans un PPRi pour encadrer le droit des sols dans les zones inondables et d’écoulement des crues, ne constitue pas outre mesure une gêne !

Lorsque vous saurez qu’en cours de procédure, TERRE de PROVENCE a eu recours aux  services d’un cabinet d’avocats reconnu, la SCP COURRECH & ASSOCIES, pour agir dans le cadre d’un recours de l’APPRE contre un objet de la compétence de l’Etat, vous comprendrez qu’une fois de plus, comme nous l’avons vu pour le SCoT du Pays d’ARLES, le Préfet et nos élus locaux ramaient ensemble, le PPRi n’étant qu’un prétexte pour consacrer un périmètre dédié au futur MIN.

Parlons-en de ce projet de redéploiement du MIN

Nos élus répètent sans cesse que nous sommes contre le redéploiement du MIN de Châteaurenard !

C’EST FAUX !

Nous serions pour le redéploiement du MIN si :

– une étude indépendante avait démontré qu’il n’est pas possible de le développer où il se trouve aujourd’hui ;

– une étude sérieuse et indépendante avait déterminé le meilleur lieu d’implantation en fonction de critères objectifs (desserte viaire, ferroviaire, nuisances environnementales, consommation des terres agricoles…) et non de la prééminence de tel ou tel clocher, ou pire du fait du droit du prince qui avait posé le doigt sur ce quartier ;

– les habitants du quartier concerné par ce projet avaient été respectés et associés étroitement tout au long du processus qui aurait pu conduire à sa réalisation à terme.

Nous serions pour le redéploiement du MIN si :

– l’objet principal de ce projet était d’offrir à nos agriculteurs un nouvel outil plus performant, apte à favoriser la vente de leur production, et non la mise en place d’une porte d’entrée béante favorisant l’accès de produits d’importation, concurrentiels avec la production locale ;

– la plateforme logistique, par son ampleur et la typologie de ses flux, ne constituait pas un facteur aggravant en matière de nuisances ;

– la SEMARIS n’avait pas des vues sur ce  » GRAND MARCHE de PROVENCE « , ce futur  » RUNGIS du SUD » comme se plaisait à l’appeler notre député, et pour lequel la création d’une SPL n’est qu’un prélude à sa transformation en une SEM où elle entrerait au capital.

HELAS, En l’état actuel DES CHOSES, aucune de ces conditions n’ayant été remplie, l’APPRE va continuer à s’opposer à ce projet.

Elle n’avancera pas masquée et poursuivra, avec de nombreuses associations du Nord des Bouches-du-Rhône, son action contre le SCoT du Pays d’ARLES.

Ultérieurement et si nécessaire, elle agira contre une éventuelle révision du PLU de CHATEAURENARD, une Déclaration de Projet ou une demande de DUP, ou contre toute initiative en liaison avec ce projet de redéploiement du MIN de CHATEAURENARD.

Pour conclure

MM le Maire de CHATEAURENARD et M. le Député de la XVe circonscription des Bouches-du-Rhône lancent un appel aux membres de l’APPRE, dont le moins que l’on puisse dire que ce n’est pas une invitation à dialoguer :

  1. le maire de CHATEAURENARD 

 » Il faudra peut-être un jour mettre les opposants devant leurs responsabilités « .

Notre association a pris et continuera à prendre ses responsabilités dans le respect des règles qui s’imposent en matière de protection de notre patrimoine environnemental et rural et conformément à ses statuts.

Si ce projet de redéploiement du MIN ne connait pas un jour une issue favorable, la responsabilité en incombera pleinement à ceux-là même qui prétendaient en être les promoteurs, nos élus, qui l’auront conduit sans humilité, en méprisant ceux qui trouvaient à y redire, en étant persuadés que le chantage à l’emploi porterait in fine ses fruits, et commettant même l’erreur, par une confiance aveugle en leur capacité à rebondir, de ne pas prévoir de plan B, de solution de repli, en cas de tourmente autour de leur solution de base.

Ce sera leur echec

  1. le Député de la XVe circonscription

 » Je suis navré que des intérêts purement privés de quelques personnes aillent à l’encontre d’un projet d’intérêt général de nature à relancer… . Je suis donc au côté de l’Etat pour continuer ce combat que nous gagnerons « .

Ces propos venant d’une personne qui, en son temps s’est battue pour que la ligne TGV ne passe pas rive gauche de la Durance, soit dit en passant à côté de sa résidence, ou aussi pour la même raison contre la réalisation de la LEO, dont il est aujourd’hui un ardent défenseur, montrent que certains intérêts privés peuvent conduire à modifier des décisions publiques, selon que vous soyez puissant ou misérable.

Pourquoi l’APPRE n’y parviendrait-elle pas, elle qui n’utilise que les possibilités offertes par le droit, rien que le droit ?

 

OUI, M. le Député, le combat continue et l’APPRE n’a pas besoin de dire sans cesse qu’elle va le gagner pour s’en convaincre : elle reste dans l’action et pleinement confiante en la JUSTICE de NOTRE PAYS.

reponse.PROVENCE-06-2019